Cécile et Thierry ont accueilli Qistina de Malaisie via l’association locale AFS Maine. Qistina a été scolarisée au lycée Montesquieu au Mans, ville où elle a vécu pendant ses deux mois d’immersion en France. Thierry nous raconte son expérience en tant que père d’accueil.

 
Comment avez-vous choisi votre accueillie et comment se sont passés les premiers moments de votre expérience d’accueil ?
En fait, nous n’avons pas véritablement choisi notre accueillie parmi plusieurs profils présentés. À l’époque, aucune famille n’avait encore été trouvée pour Qistina, et il restait peu de temps avant son arrivée. De notre côté, Qistina était la seule candidate encore disponible quand nous avons fait la demande d’accueillir. Nous avons décidé de l’accueillir afin qu’elle ne reste pas sans famille et qu’elle puisse vivre son expérience en France dans de bonnes conditions.
Son arrivée chez nous s’est très bien déroulée. Elle acceptait tout ce qu’on lui proposait avec le sourire. Nous en gardons un très bon souvenir. Au niveau de la scolarité, elle a été scolarisée en Terminale S avec son frère d’accueil. Au début, on se parlait beaucoup en anglais mais nous nous sommes tous efforcés à lui parler assez vite en français.

Qu’avez-vous appris de la culture de votre accueillie et comment lui avez-vous transmis votre propre culture ?
Nous avons par exemple appris qu’en Malaisie, il y avait des crocodiles dans les rues et de gros lézards dans les maisons ! Et aussi que ce pays était récent d’un point de vue politique, que beaucoup de nationalités s’y trouvaient mélangées. Qistina nous a également raconté que l’on y mangeait souvent avec les doigts et très épicé, et qu’il existait une grande solidarité dans les familles.
Qistina était de confession musulmane. Pour nous, l’appartenance religieuse n’avait pas d’importance à partir du moment où notre accueillie acceptait notre mode de vie. Nous avons simplement évité de manger du porc quand Qistina était parmi nous, voilà tout.
Nous lui avons fait visiter Chambord, le Mont-Saint-Michel, et Paris (le Musée d’Orsay, le Musée du Louvre, la Tour Eiffel, etc.) où nous avons aussi mangé chez des amis japonais. Au fil de ses deux mois passés en France, Qistina a également découvert les charmantes rues du Mans. Elle a pu déguster notre bonne cuisine française et a découvert nos rythmes de vie.

Pouvez-vous nous raconter quelques-uns de vos plus beaux souvenirs liés à cette expérience d’accueil ?
L’arrivée de Qistina dans notre famille a été pour nous un moment extraordinaire. Je n’oublierai jamais la joie de la voir découvrir la neige pour la première fois de sa vie !

Quelles ont été les principales difficultés auxquelles vous avez été confrontés ?
Je peux vous raconter un moment difficile à gérer sur le moment mais qui s’est vite arrangé. Au début, quand elle a commencé à sortir avec ses copines d’AFS, Qistina ne nous prévenait pas tout le temps de ce qu’elle faisait, et parfois nous ne savions pas non plus avec qui elle était. La situation pouvait potentiellement devenir stressante pour nous car en tant que famille d’accueil, nous nous considérions responsables de Qistina. Nous avons pu en discuter ensemble pour régler ce problème de communication. Elle l’a compris et tout s’est bien déroulé par la suite.

Est-ce que l’accueil a changé quelque chose dans votre vie de famille ?
Accueillir Qistina et partager la vie d’une jeune Malaisienne pendant deux mois chez nous a vraiment ouvert davantage l’esprit de nos deux adolescents. Cela nous a poussés à adapter notre vie de famille : par exemple, nous en avons profité pour réaménager notre maison en vue de préparer son accueil. Cela a également contribué à apporter un air neuf dans notre foyer : cet accueil est venu impacter, de manière très positive, notre quotidien.

Qu’est-ce que cela vous a apporté personnellement ?
Cela a été une expérience de deux mois très enrichissante. Nous nous sommes beaucoup investis. Nous avons beaucoup donné et nous avons beaucoup reçu aussi. Nous allons renouveler une expérience d’un accueil de deux mois avec un jeune Allemand en septembre, dans le cadre d’un échange hors AFS.
Bien qu’étant parti moi-même une année aux Etats-Unis avec AFS en 1983, nous ne nous sentons pas prêts à l’heure actuelle pour accueillir un jeune pendant une année entière. Dans ce contexte, accueillir sur une durée plus courte nous a permis de vivre une première expérience très positive.